Le conteur est un porte paroles du passé, du présent et aussi du futur. Il transmet, dans le plaisir, des histoires qui amènent l'auditeur à une réflexion sur tous les sujets existants, de la vie courante ou plus complexes, qui l'interrogent sur sa propre nature consciente ou inconsciente.
Quel est votre répertoire ?
Mon répertoire est essentiellement composé de contes de la tradition orale Mikengué (ethnie de République du Congo). Il m'arrive toutefois d'adapter à la manière africaine des contes d'origines différentes, occidentales, orientales, asiates.
Quelle formation avez-vous suivie et auprès de quels artistes ?
Ma formation initiale est traditionnelle puisque l'art du conte m'a été enseigné par mon père, lui même conteur, au sens coutumier. Puis c'est la pratique et l'expérience qui m'ont permis et me permettent encore de progresser toujours, on peut dire que j'ai bénéficié d'une formation « sur le tas » ; en effet, j'ai commencé à conter sur scène et de façon professionnelle (au Centre Culturel Français de Brazzaville) à l'âge de 15 ans.
J'ai toutefois suivi quelques formations conventionnelles :
- Formation de danse auprès du ballet Monana dirigé par Chryzogone Diangouya
- « Le conte et le conteur », animé par Jihas Darwiche
- « Les devinettes et les proverbes qui émaillent le conte » par Aubin Menfé
J'ai bien sur également participé à de nombreux échanges et rencontres avec des conteurs en France et plus particulièrement à Marseille.
Donnez nous un bon et un mauvais souvenir de votre expérience professionnelle :
Un des nombreux bon souvenir : après une nuit du conte réunissant plusieurs artistes, un jeune garçon est venu vers moi et m'a dit avec un regard illuminé « c'est toi que j'ai préféré, et l'année prochaine j'irais au Congo ! »
Mais pour être totalement juste, le souvenir indélébile et merveilleux qui restera toujours dans ma mémoire est ce jour où mon père m'a autorisé à exercer ce métier de conteur qui, dans nos traditions, n'est pas une activité professionnelle et rémunératrice mais un mode communication familiale.
Les mauvais souvenirs relèvent plus de la partie « administrative » incontournable dans la pratique de tout art et il s'agit des innombrables obstacles, quelquefois insurmontables, rencontrés dans la tentative de diffusion de mes spectacles dans les pays francophones. En effet, en raison de ma nationalité et de l'absence d'accord entre le Congo et ces pays, il est toujours difficile et quelquefois impossible d'aller présenter mon travail dans les pays francophones autre que la France métropolitaine.
Quels ouvrages dans le domaine du conte pourriez-vous conseiller à notre libraire ?
Contes et Légendes du Congo – Contes collectés et traduits par Grégoire et Marx Koukekissa – Ed Fliès - France




