Durant toute l'année scolaire 2003/2004, Jorus MABIALA a travaillé, en collaboration avec des enseignants de maternelle, de primaire et de collège, dans des établissements scolaires des Bouches du Rhône.
De ce travail, les enseignants, bénéficiaires et acteurs de cette intervention, ont pu vérifier toutes ces fonctions du conte. Ils ont également remarqué que le fait de s'appuyer sur un art de la parole, de mobiliser une partie de temps éducatif à l'écoute et à l'expression, de partager la parole avec les élèves, permettait une transformation totale de l'ensemble des interventions grâce au développement rapide de la capacité d'écoute des élèves, à l'instauration d'un « espace de démocratie », à l'installation de rapports plus respectueux.
Ce développement de la capacité d'écoute des enfants, en leur racontant des histoires amusantes ou divertissantes, les amène à raconter eux-mêmes, à découvrir la rythmique de la parole, à se réconcilier avec le langage, le vocabulaire, à comprendre les subtilités de ce langage.
Par ailleurs, des enfants en situation d'échec, exclus ou en difficulté, par un rapport à une culture trop savante et écrite, se retrouvent valorisés et écoutés et réapprennent à utiliser leur potentiel.
De plus, le conte africain raconté dans le cadre scolaire, officiel, permet une valorisation des cultures de l'immigration. Cette valorisation est particulièrement intéressante dans les établissements scolaires de zone à forte population issue de l'immigration.
Caroline Gueret